Carole Hunt

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L’énigmatique madame Sarah,

L’énigmatique madame Sarah, - Carole Hunt

Ma voisine, madame Sarah comme je l’appelle, est une dame qui a, je dirais fin soixante si ce n’est pas début soixante-dix ans. C’est une femme très distinguée avec un petit air aristocrate impénétrable qui, jusqu’à la semaine dernière, m’intriguait et m’intimidait. Je savais par une autre voisine, Isabelle, qu’elle avait son propre salon de beauté au centre-ville, et que celui-ci était semblerait-il, très réputé dans le Traitement des cicatrices. Elle-même, est à la fois coiffeuse et maquilleuse. Depuis le début de son existence, à chaque année, elle avait un kiosque au Salon de la Mariée, c’est Johanne la fille d’Isabelle qui l’y a rencontré l’année dernière qui nous l’a appris en discutant avec elle là-bas. Je sais ça fait un peu papotage de quartier, mais elle m’intriguait vraiment alors j’ai posé des questions à droite et à gauche. Elle est veuve, sans enfant, et traîne partout sa petite Yorkshire, Lili, dans un petit sac rose. En fait, elle est vraiment aussi attendrissante que mystérieuse pour moi. Dernièrement, je la voyais de moins en moins, alors je me posais encore plus de questions sur la fascinante madame Sarah. Mais la semaine dernière sa petite Lili s’est échappée et je suis tombé dessus par hasard dans les escaliers et l’ai rattrapée au vol. Je me doutais bien que la petite Lili s’était sauvée. Madame Sarah semblait dans tous ses états en essayant de descendre les escaliers. Et quelle surprise ce fut pour moi quand elle m’a invité à prendre le thé chez elle. Pas si mystérieuse que ça madame Sarah finalement, juste beaucoup plus réservée que les gens de ma génération. Car quand elle commence, elle est intarissable. Elle m’a raconté avoir commencé par être maquilleuse pour la télévision. Elle a vraiment plein d’anecdotes très drôles à raconter et un humour très pince-sans-rire. Elle m’a appris qu’elle venait de vendre son salon de beauté, car elle avait trop d’arthrite et de plus en plus de difficultés à marcher due à une vieille blessure. Elle n’a pas de famille et est plutôt isolée ayant consacré sa vie à sa passion : son travail. Je lui ai promis de revenir la voir bientôt. J’ai discuté le lendemain avec deux de mes voisines et on lui a offert de s’occuper à tour de rôle de ses diverses commissions et de lui offrir notre aide au besoin. Elle était vraiment contente et nous a invité à prendre le thé toutes les trois et veut même nous apprendre le bridge. Le bridge? Pourquoi pas !

 

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Après l'obtention en 1998 d'un DEC en Arts et technologie des médias, Carole Hunt suit quelques cours en création littéraire a l'Université du Québec à Montréal, avant de se lancer dans le monde du web. Elle publie couramment en tant que chroniqueuse, auteure, blogueuse dans les différentes haute sphères du web 2.0 .